En bref. Dans une cuisine, la place se perd surtout dans l’angle, au fond des meubles bas à portes, entre les meubles hauts et le plafond, et dans la plinthe. Des plateaux qui sortent du meuble d’angle, des tiroirs à la place des étagères et des colonnes jusqu’au plafond en récupèrent l’essentiel. À condition de les prévoir dès le plan.
Où se perd la place dans une cuisine ?
La place se perd presque toujours aux cinq mêmes endroits : l’angle, le fond des meubles bas à portes, l’espace entre les meubles hauts et le plafond, la plinthe et le dessous de l’évier. C’est le meuble d’angle mal équipé qui en perd le plus, parce qu’une partie de son volume reste hors de portée de la main.
Ces pertes ne se voient pas sur un joli plan en couleur. Elles apparaissent à l’usage, le jour où l’on renonce à aller chercher la cocotte au fond de l’angle, ou le saladier derrière les autres. L’aménagement intérieur se décide donc en même temps que l’implantation, pas au moment de choisir les poignées.
Pourquoi l’angle d’une cuisine en L est-il si mal exploité ?
Quand deux linéaires se rejoignent, leurs plans de travail se croisent. La norme européenne recommande un plan d’au moins 60 cm de profondeur : à l’angle, il reste donc un carré d’environ 60 x 60 cm qu’aucun des deux côtés ne dessert vraiment. On le traite de deux façons.

- L’angle « borgne » : un caisson prolonge l’un des côtés sous l’angle et s’ouvre par une seule porte. Le fond du caisson se retrouve derrière les meubles de l’autre côté, à bout de bras.
- L’angle en L : un caisson d’angle occupe le carré et s’ouvre par une porte pliante à 90 degrés. On y accède mieux, mais l’ouverture est étroite et le centre du meuble reste profond.
Dans les deux cas, une étagère fixe transforme le fond du meuble en réserve oubliée. Un angle n’est récupéré que si le mécanisme amène le contenu devant vous.
Quel mécanisme choisir pour un meuble d’angle ?
Il en existe plusieurs familles, et aucune ne convient à tous les angles :
- le carrousel (ou plateau tournant) : des plateaux ronds ou en trois quarts de cercle tournent autour d’un axe. Il va bien dans un angle en L. Sa limite tient à la géométrie : un cercle posé dans un carré n’en couvre qu’un peu plus des trois quarts, et les coins du caisson restent vides ;
- les plateaux pivotants qui sortent du caisson : ils pivotent puis glissent hors du meuble, et vont bien dans un angle borgne. Ils amènent le fond du caisson devant vous, avec une mécanique plus complexe ;
- les paniers coulissants reliés : un premier jeu de paniers sort en façade et entraîne un second jeu caché dans l’angle ;
- l’angle condamné : on renonce au carré d’angle et l’on gagne la place ailleurs, par exemple avec une colonne. C’est parfois le choix le plus sage dans une petite cuisine ;
- l’accès par l’autre côté : quand l’angle donne sur une salle à manger ou un séjour, un meuble ouvert de ce côté récupère le volume.
Demandez à voir le mécanisme en marche, porte ouverte, avec une vraie charge. Vérifiez aussi que la porte de l’angle ne bute pas contre la poignée ou l’appareil voisin : c’est une cote à relever avec soin au moment de prendre les cotes de sa cuisine.
Tiroirs ou portes, que choisir pour les meubles bas ?
Dans un meuble bas à porte, on range sur une étagère et l’on se penche pour atteindre le fond. Dans un tiroir à sortie totale, c’est le fond qui vient à vous. On voit et l’on attrape tout ce qu’il contient, alors qu’une porte fait oublier ce qui est rangé derrière. C’est tout l’intérêt de remplacer les portes par des tiroirs sous le plan.

Trois formats reviennent :
- le tiroir classique, pour les couverts, les ustensiles et les épices ;
- le coffre, un tiroir profond pour les casseroles, les poêles, la vaisselle ou l’épicerie, rangées à plat et visibles d’un coup d’œil ;
- le tiroir à l’anglaise, un tiroir intérieur caché derrière une porte, qui garde une façade unie au prix d’un geste de plus.
Sur un devis, ces tiroirs se jugent sur leurs coulisses : sortie totale ou partielle, amortisseur de fermeture, charge admise. Ces données figurent dans la fiche technique du fabricant de la coulisse. Demandez-les, surtout pour les coffres qui porteront des cocottes en fonte. Pour une personne en fauteuil, les tiroirs à sortie totale sont aussi la solution la plus accessible, comme pour toute cuisine accessible en fauteuil roulant.
Comment profiter de la hauteur, colonnes et meubles hauts ?
Le volume en hauteur est souvent le plus mal utilisé, surtout dans les appartements anciens aux plafonds hauts.
Les colonnes montent du sol au plafond. Elles logent le four, le réfrigérateur encastré ou un garde-manger à étagères coulissantes, et offrent beaucoup de rangement sur peu de mur. Leur limite, c’est la portée du bras. Debout, on atteint en général ce qui se trouve entre 60 et 160 cm du sol. En fauteuil, pas plus haut qu’environ 140 cm. Ces chiffres varient d’une personne à l’autre : vérifiez sur vous. Rangez en haut ce qui sert le moins, ou prévoyez un mécanisme qui descend.
Les meubles hauts font de 31 à 40 cm de profondeur dans la norme européenne, et se posent au moins 45 cm au-dessus du plan de travail. Une rangée de plus jusqu’au plafond évite le dessus de meuble où la poussière s’accumule. Les portes relevables, qui s’ouvrent vers le haut, dégagent la tête de la personne qui travaille au plan.
Où gagner encore quelques centimètres, sous l’évier et dans les plinthes ?
Ce sont de petits volumes, mais dans une petite cuisine d’appartement, ils comptent.
- La plinthe : la norme européenne prévoit au moins 8 cm de socle, pour pouvoir nettoyer dessous. Si vous voulez y glisser un tiroir pour les plaques à pâtisserie ou les plateaux, demandez au cuisiniste si son modèle le permet, et avec quelle hauteur de socle.
- Le dessous de l’évier : le siphon et les arrivées d’eau empêchent un tiroir classique. Un meuble sous évier à tiroir découpé autour du siphon, ou un système de tri des déchets, remplace avantageusement le placard encombré.
- Les fileurs : ces bandes de finition comblent l’écart entre un meuble et un mur, ou entre deux meubles à l’angle pour que les portes s’ouvrent. Dans les murs irréguliers des immeubles anciens, ils sont inévitables, mais un caisson fabriqué à la cote les réduit au strict nécessaire.
Comment comparer le prix de ces aménagements ?
Il n’existe pas de prix de référence pour un mécanisme d’angle, un coffre ou une colonne équipée : tout dépend du modèle et du fabricant. La seule comparaison honnête se fait sur des devis détaillés, à équipement identique. Exigez pour chaque meuble le type de mécanisme, la marque et la référence de la coulisse ou de la ferrure, et son prix séparé du caisson. Un devis qui écrit seulement « meuble d’angle aménagé » ne permet pas de comparer.
L’aménagement intérieur distingue une gamme d’une autre, au même titre que les façades. C’est un des écarts à regarder dans une cuisine italienne haut de gamme, et un poste à part entière du budget d’une cuisine sur mesure.
Questions fréquentes
Quelle est la meilleure solution pour un meuble d’angle de cuisine ?
Celle qui sort le contenu du caisson. Des plateaux pivotants ou coulissants, qui amènent les objets devant vous, valent mieux qu’une étagère fixe au fond de laquelle on ne va jamais. Le carrousel va bien dans un angle en L ouvert par une porte d’angle, mais il laisse vides les coins du caisson.
Qu’est-ce qu’un tiroir à l’anglaise ?
C’est un tiroir intérieur, caché derrière une porte. On ouvre d’abord la porte, puis on tire le ou les tiroirs. La façade reste unie, ce qui plaît dans une cuisine sans poignée, mais il faut deux gestes au lieu d’un pour accéder au contenu.
Tiroirs ou portes pour les meubles bas ?
Les tiroirs à sortie totale sont plus pratiques pour la vaisselle, les casseroles et l’épicerie : on voit tout sans se pencher. Les portes gardent un intérêt sous l’évier, autour du siphon, et pour les objets hauts. Le surcoût des tiroirs dépend du fabricant et doit apparaître ligne par ligne sur le devis.
Combien coûte un aménagement d’angle ?
Tout dépend du mécanisme et du fabricant, il n’y a pas de prix de référence. Demandez à chaque cuisiniste d’écrire sur le devis le type de mécanisme, sa référence et son prix à part du caisson, pour comparer à équipement égal.
Nos sources (4)
- CATAS (laboratoire italien d’essais du meuble), A. Giavon, « UNI EN 1116:2018 Coordinating sizes for kitchen furniture and kitchen appliances », juin 2018
- CATAS, « UNI EN 1116:2018 Coordinating sizes for kitchen furniture and kitchen appliances », juin 2018
- Centre suisse pour la construction adaptée aux handicapés (architecturesansobstacles.ch), fiche « La cuisine pratique pour tous », 1996 (fichier mis en ligne en 2019-08)
- Neff, Conseils pour aménager votre cuisine : ergonomie, non daté
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